Carnet d'un voyage

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

lundi 30 juin 2008

Anniversaire!

Je profite de l'occasion de ce 30 juin pour souhaiter un bon deuxième anniversaire à ce blog qui naquit, il y a deux ans, avant un départ pour l'Argentine!

Et à ceux qui s'inquiéteraient de voir son activité quelque peu chuter ces derniers temps je leur réponds que la blogosphère manuelienne vous promet sans doute une nouveauté surprenante pour la rentrée!!

D'ici là on souffle les bougies et on repense aux Andes et à Buenos Aires vers lesquels on s'envolait il y a deux ans tout juste.http://manu.chiwalou.org/index.php/2006/07/02/4-le-voyage

La vie du bouche-trou

Le mec du rectorat, très aimable, a été explicite:

Vous avez peut être entendu parler de la nouvelle politique en ce qui concerne les TZR cette année? Non? Ah! Bien, en fait les TZR néo-titulaires seront prioritaires dans l'attribution des postes, étant donné que pour faciliter leur accueil ils seront distribués en priorité sur les postes complet de 18h à l'année et dans les établissements qui ne sont pas en EP1 ( i.e. censément les plus difficiles)...donc oui, il semble bien que vous perdiez le bénéfice de votre ancienneté en tant que TZR cette année c'est pour cela que je ne peux vous garantir de pouvoir conserver les heures que vous effectuiez sur le poste que vous occupiez cette année.

Commencer un texte par une citation, on m'a toujours appris à la fac que c'était toujours bien pour accrocher le lecteur. Voilà donc qui est fait; je peux donc désormais vous annoncer que c'est avec une joie non dissimulée, que j'ai appris il y a 10 jours de cela que je n'avais pas obtenu la mutation que j'avais demandé - à savoir un poste fixe sur le collège où j'enseignais cette année - et que tous mes autres voeux n'ayant pu être exaucé, je demeure donc pour l'année scolaire dans le statut fort enviable de TZR qui fait toute la gloire, le mérite et la dignité de notre si fameux service public d'éducation.

Je résume le principe. En gros vous servez de remplaçant, de bouche trou de service souvent sur plusieurs établissements, souvent pour des périodes partielles dans l'année à la place de titulaires d'un poste fixe. Ah, je commets une erreur. Titulaire, vous l'êtes. C'est dans le T de "TZR". Le reste ça veut dire "Zone de remplacement". Ce qui signifie que vous pouvez, à l'intérieur d'une zone déterminée à l'avance ( en ce qui me concerne l'ensemble du département du 93) être envoyé où bon ça chantera le rectorat. Là où il y aura du besoin. En gros vous n'êtes qu'un pion flexible. Parfois vous pouvez avoir du bol. Parfois non. Les avantages? Quand un bahut est merdique, on sait qu'on restera pas. Et on est payé tout le temps. Mais le mythe du TZR jamais appelé commence véritablement à être l'Arlésienne, surtout dans une période où l'on supprime des postes à tout-va. Vous êtes fonctionnaire, titulaire donc puisque vous avez été reçu à votre concours. Mais vous faites le boulot de remplacement et de bouchage des trous des volumes horaires des établissements. Vous me direz: il en faut. Certes mais naguère et jadis, le TZR avait des compensations financières et des points en plus. Désormais on lui rembourse ( parfois) à peine la vaseline grâce à laquelle il se fait profondément enculer. Car le TZR qui tombe en Zone d'Education Prioritaire par exemple n'a plus droit aux "points ZEP" qui donnent des bonifications pour en partir au bout de 5 ans. En gros dans cette optique là, ces années comptent pour rien.

Le TZR ne vaut rien, ou en tout cas pas grand chose, aux yeux de son administration. Ce qui importe pour le TZR c'est qu'il soit disponible, à tout moment et qu'il ait la patience d'attendre la toute fin du mois d'août pour savoir où est ce qu'il va enseigner. Le TZR part en effet en vacances sans savoir avec certitude où est-ce qu'il fera sa rentrée, avec quelles classes et quels programmes il va devoir mettre en oeuvre. Le TZR ne peut pas trop espérer suivre des élèves sur plusieurs niveaux, suivre leur progression et travailler sur leurs difficultés, le TZR doit recommencer chaque année le travail de prise de contact avec un établissement, avec les élèves avec tous les déséquilibres que cela provoque en ce qui concerne l'autorité pour des classes qui aiment bien avoir leurs repères fixes,. Le TZR ne peut pas s'attacher à un établissement ou à des collègues. Il ne peut pas dire à ses élèves qui le lui demandent s'ils l'auront l'année prochaine et de toute façon le TZR ne peut pas faire des choses sur la durée, élaborer des collaborations sur le long terme avec ses collègues. On laisse cependant au TZR la possibilité de lécher le cul de sa direction afin que celle ci intercède en sa faveur auprès du rectorat pour le garder dans un établissement. Et puis à la rentrée le TZR se retrouve souvent, évidemment, avec un emploi du temps de merde, surtout qu'il est fréquemment sur plusieurs établissements et doit jongler entre tous. Il lui arrive aussi de récolter les classes dont personne ne veut, parce qu'il ne peut pas faire de "voeux" ou de souhaits comme ses collègues titulaires en font en fin d'année. Finalement le TZR c'est un fonctionnaire flexible. Et il y en a de plus en plus. Des matières comme l'Histoire Géographie sur l'académie de Créteil sont surnuméraires; donc les TZR y abondent. Bientôt dans cette académie, obtenir un poste fixe, même dans un bahut merdique au fin fond d'une banlieue pourrave, relèvera du doux rêve inaccessible quant on n'a qu'un an ou deux d'ancienneté. A moins d'être marié, pacsé, d'avoir des gosses ou un cheveu sur le bout de la langue. Il fait pas bon être célibataire et en bonne santé dans l'Education Nationale. Comment ça? Mais vous avez le goût du luxe! Vous êtes payés, vous n'allez quand même pas vous plaindre.

Que les choses soient claires, c'est un statut à bien des égards merdique. Mais je me plains pas. On a fait bien pire, y compris dans l'Education Nationale, comme ces vacataires payés 6 mois après leur mission. Pour autant ça fait chier. De toute façon, la monnaie de la pièce est la suivante, puisqu'on me prend pour un con et bien je vais fournir le travail qui j'estimerais correspondre aux conditions dans lesquelles je l'exerce. Qu'ils n'attendent pas de moi que je fasse du zèle, si je peux en foutre le moins possible ça sera tant mieux. De toute façon, pour les prolos, qu'est-ce qu'ils en ont à branler? J'irais chercher la satisfaction ailleurs. Ils n'ont qu'à bosser pour envoyer leur gamin dans le privé.

Je pense que ce statut, dans ces conditions en tout cas, aurait été inadmissible il y a plusieurs années mais les syndicats "de gauche" et majoritaires comme le SNES ont là dessus comme sur beaucoup d'autres choses avalé des bites plus grosses que des boas. Et en plus ils ont dû dire merci parce que le saumon du repas était pas dégueu. Les cons.

Ah oui, au fait, je n'ai pas été cirer les pompes de ma direction comme peuvent le faire certains pour tenter d'obtenir une lettre ou un coup de fil afin de rester sur l'établissement. J'ai quand même ma dignité, et il est hors de question que je légitime le scandaleux pouvoir discrétionnaire des directions dans la gestion du personnel pédagogique de leur établissement dont ils ne devraient en aucun cas avoir à s'occuper. De toute façon, personne n'est venu me proposer quoi que ce soit d'en haut. On ne s'est même pas inquiété du résultat de mes mutations. Faut dire que j'ai fait toutes les grèves ( pour rien), que j'ai refusé de faire des heures supplémentaires de "soutien", que j'ai rigolé aux blagues que n'appréciait pas la direction et que j'ai ouvert ma gueule une fois ou deux et sans doute une fois ou deux de trop. Mais j'en tire une grande fierté. De plus ce statut de lumpenprolétaire du corps professoral flatte mon égo de crypto-maoïste. Ou alors de judéo-chrétien doloriste en sommeil. Je les emmerde; de toute façon le Stade est champion de France.

L'essai de Médard

Je l'ai revu tout à l'heure à la télé, et je me suis souvenu de cette 60e minute et de cette action interminable qui part des 22 mètres pour aboutir dans l'en-but 80 mètres plus loin. J'en ai eu les larmes aux yeux tellement c'était beau.

Je crois que c'est là que j'ai voilé mes cordes vocales. Faut dire qu'autour de moi dans le stade, y'avait un peu que des "Jaunards" ( supporters de Clermont, pour les non initiés). Avec le collègue on a gueulé pour 10 pendant toute la deuxième mi-temps.

Bref, encore un essai d'anthologie. De ce genre d'essai dont on n'en voit qu'un tous les 3 ans. Un "essai du bout du monde " quand il est marqué loin là bas chez les Australiens ou les Néo-Zélandais. Un essai à 10 passes, des cavalcades effrénées et une maitrise parfaite de l'objet ovale. Et puis soudain, le crochet, le trou qui s'ouvre béant, on le voit, il est là, tout près et tout prêt, il va venir c'est une certitude. Et entre le moment où s'impose cette certitude et le moment où le ballon est effectivement aplati, il n'y a jamais plus de 5 secondes en général. Mais c'est tellement beau qu'on sait plus où on habite qu'on n'est plus qu'une masse brute transcendée par l'émotion. Rien d'autre n'existe, rien n'est plus important à ce moment là que ce moment là justement. Le présent absolu existe, je l'ai rencontré! Le cri, les bras aux ciels, les voisins atterrés. Les larmes aux yeux pendant 10 secondes, la gorge qui commence à faire mal. Et maintenant une boule à l'intérieur du ventre qui se forme. Le passé et le futur reviennent à grands galops avec l'angoisse existentielle qu'ils procurent. Bordel, il va falloir tenir 20 minutes. Après un moment comme ça, on ne peut plus perdre, ce serait trop con.

C'eût été trop con.

Et on a pas perdu.

Et j'ai plus de voix.

Mais je m'en fous puisqu'on est champions de France! Le bouclier, le bout de bois, la planche, elle est à la maison!

vendredi 27 juin 2008

Perle

Lu dans une copie de brevet, par ailleurs excellente:

Malheureusement pour le monde, Hitler va tenir ses promesses électorales

mercredi 25 juin 2008

Sous le ciel bolivarien

On souhaite aujourd'hui la bienvenue à Baptiste, 3kg 750 et 53 cm, né franco-argentino-vénézuelien sous les chaleureux hospices des tropiques et du socialisme bolivarien. On salue les heureux parents, et le grand frère également.

On espère une longue vie de bonheur à toute la famille.

Et on en profite pour redire au passage que le socialisme arrivera un jour prochain.